Les PREMIERS TEMPS

 

Maison natale

Maison natale de Sébastien Maximilien Foy

D’extraction modeste, Sébastien Maximilien Foy est né le 3 février 1775 à Ham dans la Somme à quelques kilomètres de Noyon. Quand il eut dix ans son beau-frère, M. Desoize le prit en croupe pour le conduire au collège des Oratoriens de Soissons.

A quinze ans il termine sa rhétorique, trop jeune pour travailler, il poursuit ses études au collège de Lisieux à Paris.

La Révolution avait soufflé un vent de liberté dans l’esprit de la jeunesse et notre jouvenceau ne fut pas épargné, semble-t-il. Nous sommes en 1790 et lors d’une promenade avec le collège sur les Champs Elysées, aux abords des Tuileries, il fausse compagnie au groupe et revient en fiacre jusqu’à la barrière de la Villette, puis part à pied pour la Picardie.

Chemin faisant il rencontre le coursier de la malle, qui le ramène le soir même à Ham. Cela faisait huit jours, qu’il était au collège parisien !

Sur les conseils de sa sœur aînée Hélène Desoize, le 1er novembre 1790 il est envoyé à l’école d’artillerie de la Fère. Vraiment rien ne le prédestinait à embrasser la carrière, il n’était pas sportif, ne nageait pas et voilà que pendant un an il étudie les mathématiques et passe un examen dirigé par le célèbre Laplace.

Admis à l’école de Chalons nouvellement créée, il n’y reste que six mois, car la guerre déclarée abrégea ses cours. A l’admission il fut reçu 32ème sur 47 et en sortit 18ème sur 32 car plusieurs avaient abandonné avant l’examen de sortie.

Parmi ses copains de promotion on comptait : Alix, d’Aboville, Duroc et Marmont, pour les plus célèbres Dans ses mémoires, Marmont (alias Comte de Raguse) en 1828 dira de Maximilien :

« Quoique né avec de l’ambition, il était souvent plus sensible aux honneurs de l’opposition qu’aux intérêts de sa fortune. Bon par nature et quelque fois mauvais par légèreté ou par faiblesse, le temps l’avait bien modifié…Sans une mort prématurée, il serait aujourd’hui en situation de jouer un grand rôle. »

Dans sa promotion, certains s’apprêtaient à émigrer, d’autres comme Marmont étaient royalistes constitutionnels et il y avait cinq jacobins aux opinions les plus exagérées dont Maximilien Foy.

Promu deuxième lieutenant au troisième Régiment d’artillerie, il est envoyé en garnison à Valenciennes.

Tableau de Foy à Versailles

 Au château de Versailles, on peut voir le tableau ci-contre, dans l’embrasure d’une fenêtre des appartements de Napoléon 1er.

 

En janvier 1793, il est dirigé à Namur, mais après la bataille de Neerwinden et la défection de Dumouriez (du temps du Roi Louis XVI, le patronyme de ce monsieur s’écrivait du Mouriez), Maximilien se retrouve à Givet. Puis il dirige l’artillerie à Maubeuge.

Fin avril 1793, il se rend à Valenciennes pour former la 12ème compagnie d’artillerie légère, dont il est nommé 1er lieutenant.

Sous les ordres du général d’Hedouville la 12ème compagnie de Maximilien lève le blocus de Maubeuge.

Le 1er septembre 1793, Maximilien participe aux batailles de Ronsbruche, de Rexpoede où il est blessé légèrement par balle, de Hondschoote et de Werwike.

Le 25 janvier 1794, l’armée se replie sur Lille, et Maximilien est nommé Capitaine Commandant à la 12ème compagnie.

Son avancement rapide ajouté à ses idées républicaines largement étalées, lui valent certaines rancunes, et non des moindres, puisque deux lieutenants, correspondants d’Hébert le dénoncent.

Fin avril 1794, à Châtillon sur Sambre où il est blessé d’un coup de sabre, on arrête Maximilien en présence de l’ennemi. D’abord à Guise, Maximilien fut traîné devant le Tribunal Militaire de Maubeuge. Il est déclaré non coupable d’avoir dilapidé les deniers républicains ; mais il est condamné à la destitution pour avoir :
« Perçu une ration de fourrage par jour pour un troisième cheval » qu’il n’avait pas !

En fait son grade lui, permettait d’avoir trois chevaux mais il n’en avait que deux d’affectés. Le maréchal-ferrant de son unité en avait un non répertorié sur les rôles de l’armée. Comme ce cheval lui était utile, le supérieur de Maximilien, le Commandant Menou le lui avait affecté, afin qu’il touche ses rations que le pauvre maréchal-ferrant Mathieu Clément n’aurait pas obtenues. La belle affaire d’état !
Le Tribunal Militaire se déclarant incompétent devant pareil délit, le renvoie au Tribunal Révolutionnaire d’Arras, dont la section siégeait à Cambrai. Sa peccadille fut jugée un cas «coupable » !

Mais le 9 Thermidor vint mettre fin au chemin de croix de Maximilien. Ouf !

Le 28 septembre 1794, il est libéré, mais ne recouvre sa liberté qu’après six mois de détention, et n’est réintégré dans son grade que le 25 mars 1795. 

En novembre 1795, il commande la 5ème Cie à cheval à Landau, et vient cantonner à Ober Betschdorf au nord de Haguenau.

Du 14 au 20 juin 1796, à Mannheim, il prend une part glorieuse à la bataille et tente de passer le Rhin à Gambsheim, mais la hauteur des eaux ne le permet pas.

Le 25 juin 1796, Maximilien avec son unité passe le Rhin à Khiel.

Le 27 juin 1796, avec seulement trois pièces d’artillerie placées sur les hauteurs du village de Weihr, il contribue à la prise d’Offenburg.

Le 06 décembre 1796, La Compagnie de Maximilien se retire à Wihr près de Colmar, après quarante et un jours consécutifs d’un pénible service à Huninge.

A la défense de la tête de pont, attaqué par les autrichiens, Maximilien se couvrit de gloire. Ne pouvant plus diriger le feu de ses pièces sur l’ennemi, déjà maître des fossés, il ordonna d’allumer les obus et de les rouler dans ces fossés remplis d’autrichiens. Cette action hardie fit échouer l’escalade, et la demie lune qu’il occupait ne fut abandonnée que lorsque l’ennemi, très supérieur en nombre, y fut entré par la gorge.

Le 27 décembre 1796, Maximilien est blessé à la hanche par un boulet à Diersheim. Nommé chef d’escadron, il part à Strasbourg.

En octobre 1797, la paix de Campo - Formio met fin à la campagne.

En Octobre 1798, Marmont, son camarade de promotion plus gradé, lui ordonne de se rendre à Paris comme aide de camp de Bonaparte, avec un ordre écrit lui enjoignant de rejoindre ensuite Toulon.

Partir avec le jeune général corse, trop encombrant dans la capitale et le suivre en Egypte cela aurait été la gloire assurée, et pourquoi pas un bâton de maréchal à la clé. Certains l’ont eu qui, par la suite, prouvèrent leur médiocrité face au feu par rapport aux idées lumineuses de Maximilien.

Seulement voilà, il était foncièrement républicain, et il décline cette mission par opinion personnelle anti-bonapartiste. Il prit aussi conseil auprès du Général Moreau, qui voyait en Napoléon un rival et un ennemi des libertés publiques.

Sans nul doute, ce refus marque un tournant dans la carrière de Maximilien, car il ne connaissait pas Bonaparte à cette époque. Plus tard, la découverte de son génie lui fit regretter sa décision. Il écrivit en 1810 :
«Toujours entraîné par mes passions du moment, j’ai manqué des occasions rares qui se sont présentées à peu de personnes. Aide de camp de Bonaparte en l’An VI, qui sait si je ne serais pas Prince aujourd’hui ou tout au moins général d’armée. »

De retour à Douai, Maximilien reçoit l’ordre de rejoindre l’armée d’Helvétie. Il se porte à Stanz pour mater l’insurrection des suisses contre l’obligation, qui leur est faite de prêter serment solennel de fidélité à la nouvelle constitution fédérale calquée sur la nôtre.

L’insurrection helvète est vite matée, mais en mars 1799, Masséna commandant cette armée rejoint celle du Danube car une nouvelle coalition s’est déclenchée contre la France.
Le 06 mai 1799, Maximilien est fait prisonnier à Frauenfeld, pendant deux minutes, puis libéré. Le soir même il perd un cheval tué sous lui.

Au combat de Desenhofen, la réputation du jeune Maximilien grandit tant que Masséna demande pour lui le grade d’adjudant général.
Mais c’est au passage de Limmat, le 25septembre 1799, que cette proposition sera validée par le Directoire.

Fin avril 1800, Maximilien et la division Lorges cantonnent près de Winterthur. Ils font partie de l’aile droite de l’armée du Rhin (ex- armée du Danube), sous les ordres de Lecourbe.

Le 1er mai 1800, à 14h, Maximilien est détaché sur Stuhlingen. Couvert de gloire, il suit le général Lorges en Italie.

Le 28 mai 1800, Maximilien est à Andermatt. Le 29 il passe le St Gothard, le 8 juin 1800 il atteint Altorf. A la veille de livrer bataille, l’armée d’Italie manque cruellement d’armement. C’est Maximilien qui est chargé d’en organiser l’approvisionnement. Contraint d’exécuter cette tâche ingrate, il a peur de louper le coche. En effet il ne quitte Altorf que le 15 juin 1800, le lendemain de Marengo ! Après avoir protégé le St. Gothard avec quatre bataillons et un escadron de cavalerie, Maximilien arrive à Milan.

Fin juillet 1800, il est à Bergame, où il rejoint l’état major du général Moncey. Il passe le Mozambano et se porte sur l’Adige, qu’il traverse à Bussolengo le 1er janvier 1801.

Il remonte la vallée de l’Adige, sur la route des hauteurs par un chemin difficile, où ses troupes doivent marcher sur la glace parmi les rochers. Il arrive à Péri, occupée par les Autrichiens. Il les poursuit le lendemain par Ala sur Roverdo.

Le 08 janvier 1801, il passe à nouveau le Roverdo à Caldonazzo, dans la vallée de Brenta.

Le 12 janvier 1801, il arrive à Bassano et marche sur Montebellune.

Le 16 janvier 1801, c’est la paix de Lunéville, Maximilien rentre à Vicence et le général Moncey, commandant les forces françaises en Cisalpine, le nomme commandant de Bergame et Milan le 11 juin 1801.

Le 1er octobre 1801, Maximilien quitte Milan et arrive fin décembre à la Fère, où un ordre du 26 octobre 1801 lui prescrit de partir en poste à Brest pour partir pour St. Domingue. Mais l’embarquement était déjà fait, ainsi Maximilien reste à la tête de son régiment.

Début février 1802, avec le 5ème régiment il quitte la Fère pour Besançon, où il se consacre avec ardeur à la tenue, à la discipline et l’instruction de ses hommes. Il se fait le défenseur de l’artillerie légère, au détriment de la cavalerie. Non pas que la précision des canons soit un atout majeur mais il insiste sur le côté psychologique du déplacement rapide du bruit des tirs autour de l’ennemi.

Fin juillet 1803, Maximilien quitte Besançon pour St. Omer, avec trois compagnies du 5ème régiment. Il parcourt la côte de Boulogne à Dunkerque pour déterminer l’implantation de batteries mobiles, en vue d’un éventuel débarquement sur l’Angleterre.

Mais il apprend que son rôle est doublé par l’adjudant commandant Herno, suite à une erreur du Ministère de la guerre. Il en est très affecté et demande une permission de se rendre en Picardie pour y régler des affaires personnelles.

Fin octobre 1803, Maximilien est à Paris, et se trouve compromis dans une intrigue anti-bonapartiste. Son admiration pour Moreau, sa complicité avec lui font penser à Bonaparte qu’il est de mèche avec lui ; alors qu’il n’en est rien. Le général Marmont intervient en sa faveur.

Le 12 décembre 1803, il est nommé membre de la Légion d’honneur.

Le 5 février 1804, Maximilien est à la disposition du général Marmont, commandant en chef de l’armée de Hollande, réunie au camp d’Utrecht. Il refuse de signer une pétition des généraux et des soldats des dix régiments du camp d’Utrecht. Cette pétition demande au Premier Consul (Bonaparte) de substituer un gouvernement héréditaire à un gouvernement électif.

Au lieu de l’avancement demandé Maximilien reçoit du général Marmont l’ordre de se rendre à Helder, poste peu enviable, ô combien obscur ! Ce n’est vraiment pas là que la gloire viendra le chercher ! Prudent, le général Marmont se méfiait de l’esprit indépendant de son camarade de promotion.

Ainsi relégué, il sent sa carrière entravée et demande le 26 juin 1804 à quitter l’armée.

Le 19 octobre de la même année, il se ravise, et demande la faveur d’assister au couronnement de Napoléon 1er ; pour un revirement, quel changement de cap ! N’ayant pas reçu sa libération, c’était son droit le plus strict !

Permission accordée ! Et le 2 décembre 1804 dans la grande galerie du Louvre, Napoléon passe en revue Maximilien et son 5° régiment d’artillerie à cheval, « la mine ouverte et radieuse » d’après le général baron Boulart, témoin de la scène.

Le 14 juin 1804, il est promu Officier de la Légion d’Honneur.

 

Fin janvier 1805, Maximilien rentre à Utrecht comme Colonel chef d’état-major de l’artillerie à cheval de l’armée de Hollande. Malgré les fièvres, il ne se ménage pas. Il organise l’armée batave et l’armement du Helder. Il prépare l’expédition contre l’Angleterre et se consacre à bien d’autres travaux.

En juillet 1806, toujours en froid avec le général Marmont, il est maintenu chef d’état-major de l’artillerie du 2°corps. S’il ne combat toujours pas, il ne reste pas moins actif en évacuant une partie de l’arsenal de Vienne, en organisant et armant les places de Palma - Nova et Osopo.