Les CAMPAGNES du PORTUGAL et d’ESPAGNE

 

Fin novembre 1807, Maximilien Foy est au grand virage de sa carrière car le voilà affecté à l’armée du Portugal. Avec « sa chère Lise », il arrive à Bayonne (J1) vers la fin du mois de janvier 1808.

Fin janvier 1808, il traverse l’Espagne, alliée de la France, et gagne Lisbonne (A6) en passant par Madrid (G4) et Badajoz (D6).

Il est placé sous les ordres de Junot qui avait été nommé duc d’Abrantes (comme couleur locale on ne peut faire mieux !).

Maximilien décrit ainsi sans aménité l’arrivée de la glorieuse armée Napoléonienne :
« Les voilà ces guerriers formidables devant qui l’Europe se tait et dont le Prince Régent n’a pas osé soutenir l’aspect. Une nation d’imagination vive s’était attendue à voir des héros d’une espèce supérieure, des colosses, des demi-dieux…Une file de soldats maigres, éclopés…Les troupes n’avaient pour se défendre, que des fusils rouillés et des cartouches imprégnées d’eau.
Les Portugais étaient préparés à la terreur ; ils n’éprouvaient que du dépit d’avoir été abasourdis et mis sous le joug par une poignée d’étrangers. »

Maximilien de Foy est chargé d’inspecter les principales places de guerre. Il visite ainsi successivement Coïmbre (B4), Porto (B3), Amaranthe (B3), Lamego (C3), Almeida (D4), et Abrantes (B5).


Porto_Environs

Environs de Porto

 

 

 

 

 


Puis il rentre à Lisbonne (A6) au mois de juin 1808. La Fête–Dieu est à deux doigts de se transformer en insurrection. Mais Junot intervient en personne, aidé, il est vrai par l’accumulation des troupes françaises dans la ville à ce moment.

Dans d’autres villes il en est tout autre. L’insurrection est partout et le soulèvement devient total quand la flotte anglaise arrive pour soutenir les bandes portugaises.

Début août 1808, la flotte anglaise jette l’ancre dans la baie de Mondego (B4). Junot dans l’immédiat ne peut pas aligner plus de 10.000 hommes, obligé, qu’il est, de protéger Lisbonne et l’embouchure du Tage, ainsi que différentes autres places stratégiques.

Le 21 août 1808, Maximilien avec dix pièces d’artillerie passe le défilé de Torres - Vedras (A5) et se trouve face à Vimero (A5).

L’armée anglaise, plus importante, y est déjà à pied d’œuvre. Mais le régiment de grenadiers suivi par l’artillerie parvient au sommet du plateau.

Le feu convergeant des six régiments anglais décime nos troupes. Nos chevaux traînant les pièces sont tués et Maximilien est blessé à la cuisse, tandis que sa monture est abattue de plusieurs balles.

Quelques jours après, la convention de Cintra (A6) consomme l’abandon du Portugal ; mais l’armée française n’est pas perdue. C’est la flotte anglaise, partie pour La Rochelle, partie pour Quiberon, qui la transporte. C’est le vainqueur, qui paye les frais de transport !

Napoléon profite de ce repli forcé pour renforcer cette armée et surtout la réorganiser.

Le 3 novembre1808, Maximilien Foy est nommé général de brigade à la 1ère division du 2ème corps. Il abandonne définitivement l’artillerie.

Le 20 décembre 1808, Maximilien est créé Baron d’empire ! Après un court séjour à Ham pour voir sa deuxième fille qui vient de naître, il rejoint la 1ère division du 8ème corps et arrive à Burgos (G2) et prend le commandement de la première brigade.

Elle se compose de :
Le 4 ème bataillon du 15 ème de ligne (900 hommes)
Les 3 premiers bataillons du 70 ème (1.500 hommes)
Trois bouches à feu,
 et un petit détachement de cavalerie.

Le 2 janvier 1809, l’empereur quitte l’armée d’Espagne et en laisse le commandement au général Soult. Il passe son armée en revue à Astorgaz (D2) et dit à Maximilien :
« Vous parcourez une nouvelle carrière, vous vous en tirerez bien. »

Le 16 janvier 1809, les Anglais se réfugient à la Corogne (B1) pour trouver le salut sur leurs vaisseaux. L’après-midi Maximilien et sa brigade se place sur la grand-route de Santiago à la Corogne et enlève Palavea, qui est évacuée complètement le 17 janvier 1809.

Le 17 janvier 1809, Maximilien en profite pour s’avancer dans les faubourgs de la Paillasse et de Ste Lucie, en vue des remparts de la Corogne. Un feu nourri de mousqueterie et d’artillerie l’attend. Il se contente de placer des avant-postes vis-à-vis des deux portes de la ville.

Sur une colline derrière la Paillasse, l’artillerie française, si elle fait plus de bruit que de dégâts, n’en réussit quand même pas moins à faire lever l’ancre aux navires anglais, qu’ils soient de guerre ou marchands.

Dans la Corogne, il ne reste que la milice et quelques soldats espagnols.

Le 18 janvier 1809, au matin, cette garnison disparate remet les clés de la ville aux voltigeurs du Baron Foy. C’est avec joie qu’il délivre les Français prisonniers depuis la défaite de Porto.

Napoléon donne l’ordre à Soult d’envahir sans délai le Portugal.

Début février 1809, sur la route de Santiago, Maximilien se dirige sur Tuy (B2), mais abandonne le projet de passer par l’embouchure du Minho, grossi par les pluies torrentielles, et se dirige sur Orense (C2).

Jadis ennemis, Portugais et Espagnols s’unissent contre l’armée Napoléonienne.

Le 1er mars 1809, Maximilien, à la tête du 170 ème régiment d’infanterie légère, s’avance sur la rive gauche du Minho et disperse aux environs de Puebla de Tribes (C2) les insurgés réunis par les moines du couvent de Monte Derramo (C2). Pendant ce temps sa division progressait, il doit la rejoindre à Chaves (C3), à l’ouest de Bragance.

Il marche ensuite sur Porto en passant par Braga (B3) puis revient sur Amaranthe (B3), engage des combats à Ruyvaens (B3) sur la route de Braga, et à Carvallo (B3) après le défilé de Braga et encore à Este puis Barca da Trofa (B3), où il fait le coup de force. Leurré par le comportement des Portugais, Maximilien y est fait prisonnier. Mais aussitôt l’armée française reprend la ville et libère son général.

Le 7 avril 1809, de Porto Maximilien part pour Penafiel (B3) et fait une reconnaissance jusqu’à Canaveles (B3). Il prend le pont d’Amarante (B3) et revient sur Baltar (B3).pour rentrer à Porto où il est rappelé.

Le 22 juillet 1809, il reçoit l’ordre de rejoindre Madrid (G4) pour recevoir des instructions du Roi Joseph, le frère de Napoléon 1er. Amarante est évacuée et Maximilien occupe Oropesa (E5) et Monbeltran (F4) sur le Tage. Il rétablit le contact avec Avila puis redescend sur le Tage à Ocana (G5).

Débouté de sa demande de participer à l’expédition d’Andalousie, il est à Talavera de la Reyna (F5).

Le 10 février 1810, Maximilien pousse une reconnaissance à Plasencia (D4), descend sur Deleitosa (E5) avec ordre de rejoindre Mérida par Truxillo. Gêné sur son flanc par les Espagnols, il passe par Caceres (D5) et rejoint enfin Mérida (D6). Sur les ordres du général Heudelet, il marche sur del Rey (D5) et- revient à Mérida.

« A toutes mains » Maximilien est chargé de faire des réquisitions sur Caceres, mais il improvise une incursion surprise sur Arroyo del Puerco. Il investit le village et entre triomphant à Caceres (D5).

Il échappe à une colonne de 4 à 5000 fantassins et 1000 chevaux venus d’Albuquerque (C-D5). Comme les habitants de Caceres menacent de le prendre à revers, il se rabat sur Mérida. C’était plus sage car il n’avait à leur opposer que 500 baïonnettes et 100 sabres.

Le deuxième corps de Maximilien se replie sur Truxillo, d’où il fait des coups de mains et des inspections sur la frontière entre Albuquerque et Badajoz.

 

En Juillet 1810, sur ordre du général Reynier, par le col de Pérales (D4), il se rend en avant d’Alcantara pour surveiller le siège de Ciudad Rodrigo (D4) et faire diversion sur Arbrantes (B5) ou Castello Branco (G5).

Coimbra_Environs
Environs de Coïmbra

 

 

 

 

 

 

 

 

Après Ciudad Rodrigo, succède le siège d’Almeida (D4), et pendant ce temps, le deuxième corps de Maximilien fait la moisson ! Oui notre général faisait la récolte à Zibreira (C5) au Portugal.

Il était à Alfayates (D4) quand il apprend la reddition d’Almeida, défendue par nos troupes. Maximilien repense aux sièges de Saragosse, Badajoz et Ciudad Rodrigo villes défendues par des civils fanatisés par leur idéal de liberté face aux Français envahisseurs.

Et Maximilien d’expliquer le manque de bravoure des soldats comparé aux exploits des civils.

Ayant rejoint le sixième corps, il se dirige vers Guarsa (C4) et Celorico (C4). Il fait route sur Coïmbre (B4) par la sierra d’Alcora route sud. En attaquant le versant du plateau, Maximilien se rendait compte qu’il allait à l’abattoir ! Cette attaque était pure folie ; elle n’était pas du fait de notre jeune héros, mais l’exécution d’un ordre supérieur. Maximilien est le seul à arriver en haut et son cheval est tué sur-le-champ. Deux balles en eurent raison. Quant au cavalier, une balle le blesse au bras gauche, elle lui effleure l’os sans le briser.

Ensuite il se rend à Coïmbre (B4) d’où Masséna l’envoie à Paris pour plaider devant l’Empereur la cause de son armée qui a besoin de renforts. Il se met en route, et par Carregado (B5) il se dirige sur Santarem (B5) et Tangos (B5) puis Punhete (B5) avec comme escorte un bataillon d’infanterie, cinquante dragons et soixante-dix chasseurs hanovriens.

Il passe ensuite la Zezere à gué, et continue sa progression sur Castello - Bianco (C5) en passant par Cardigos (B5) et Sobreida - Formosa (C5). Avant d’arriver à Castello -Bianco, il quitte la route et longe le versant sud de la sierra Alpedrinha. Il passe la vallée de Meimôa (C4) et atteint la frontière espagnole sous Sabuca (C4).

Le 8 octobre 1810, c’est l’arrivé à Ciudad – Rodrigo. Maximilien y laisse son escorte et, seul, à franc étrier, il continue par Salamanque (E4) jusqu’à Vitoria (H2).

Le 22 Novembre 1810, il arrive à Paris, et sept jours plus tard il est nommé : général de division.

Le 24 novembre 1810, il fait un saut à Ham pendant six heures pour saluer sa mère, âgée de 82 ans.

A Paris, Napoléon 1er lui donne l’ordre de mouvement et le congédie par ces mots : «Vous m’avez bien entendu ? Partez et continuez à bien faire. Adieu. »

Le 1er janvier 1811, notre nouveau général de division est à Bayonne.

Le 12 janvier 1811, il est à Salamanque, le 15 à Ciudad – Rodrigo et le 26 il obtient 1.400 baïonnettes et 100 chevaux.

Le 31 janvier 1811, il franchit la Coa, arrive à Caria (C4) en ayant parcouru huit lieues en deux jours sous des pluies torrentielles, qui dégradent les chemins empruntés par ses troupes.

Le 1 février 1811, Maximilien et ses hommes passent la Meimôa, affluent de la Zezere et arrivent à quatorze heures à Enchabarda (C4), où commence l’Estrada Nova. Cette route suit les crêtes de la sierra de Moradal et descend jusqu’à Corticada. Il tente avant la nuit d’atteindre Foz Geraldo (C4/5).

Le 5 février 1811, il atteint les avant-postes français aux environs de Punhete (B5).

Le 18 février 1811, à Golegao (B5), Maximilien expose les vues de l’Empereur Napoléon 1er chez le général Loison, devant les principaux chefs de son armée rassemblés par Masséna.

Du 11 au 22 février 1811, Maximilien cantonne à Torres Nova (B5) à l’ouest d’Abrantes. Il repart à Paris pour justifier l’abandon de Santarem.

Le 8 mars1811, parti de Chao de Macans, il rejoint, aux environs d’Espinal (B4) la route, qui passe par Miranda de Corvo (B4), Ponte de Murcela (n/o d’Arganil) et Celorico (C4).

Le 14 mars 1811, il est à Ciudad - Rodrigo (D4), et le 19 à Burgos (G2).

Le 20 mars 1811, il est à Poncorvo (G2) sans voir ni un Espagnol, ni un Anglais, encore moins de guérilleros incontrôlés, dont le pays était infesté. Mais passé cette ville, Maximilien à la tête d’une escorte de soixante fantassins est mis en déroute par des pillards dirigés par D. Martin. Dépouillé, il arriva presque nu à la frontière. Tel était son dénuement, qu’à Paris il fut obligé d’acheter un uniforme pour se présenter aux Tuileries.

Le 26 mars 1811, il est de nouveau à Paris où il est reçu lendemain par Napoléon 1er qui lui fait une très forte impression. L’empereur, au courant de son aventure avec les guérilleros, lui demanda : « Pourquoi ne me parlez-vous pas de cela ? » Maximilien répondit : « cela me concernant seul, à quoi bon importuner votre majesté de mes affaires personnelles».  Il passe quelques temps dans la capitale et y assiste aux spectacles du moment, dont certainement ceux de l’acteur TALMA.

 

Le 20 avril 1811, Maximilien reçoit l’ordre de repartir au Portugal. Le 08 mai Maximilien est à Valladolid (F3).

Le 10 mai 1811 il est à Ciudad – Rodrigo (D4). Après une bataille indécise à Fuente de Onoro (D4) Masséna est limogé, par une lettre apportée par Maximilien. Il a bien du mal à se disculper auprès de Masséna, qui le soupçonne d’indélicatesse, car le pli a été malencontreusement déchiré.

MarmontMarmont prend le commandement, regroupe son armée à Salamanque et dirige quatre divisions sur Plasencia (D4) par le col de Banos (E4).

 


Marmont

 

Par des chemins difficiles où l’artillerie ne peut s’engager sous la chaleur, Maximilienrejoint l’armée le 14 juin 1811 à Malpartida (D5) et franchit le Tage vis à vis de Lugar Nuevo, sur la route de Plasencia à Truxillo.

Le 18 juin 1811, la jonction s’opère avec l’armée d’Andalousie. Les Anglais se retirent de Badajoz après deux assauts infructueux. Marmont place Maximilien à Truxillo. C’est le désert, les habitants et les différentes armées ont saigné le pays, et il n’est pratiquement pas possible de nourrir les troupes. C’est la famine et, avec la chaleur, les fièvres ne tardent pas à apparaître, ainsi que de nombreux cas de dysenterie. Il y eut six à sept décès par jour, et sur 5.000 hommes, 1.500 malades.

C’est à ce moment que Maximilien reçu son surnom de « général au quart », car, en regard de la pénurie, il ordonna de ne distribuer pour manger qu’un quart de la ration normale journalière de grains.

Le 15septembre 1811, Maximilien, à la tête de sa division ou de ce qu’il en restait, se dirige sur la rive droite du Tage pour surveiller le passage de Lugar Nuevo, et protéger 5 à 600 malades laissés à Plasencia tout en faisant diversion vers le col de Pérales.
Le 27septembre 1811, à la tête de 2.500 fantassins et 300 chevaux, il se porte sur Moraleja (D4) et passe le col de Pérales (D4) pour occuper San Payo (D4).

La bataille de Ciudad - Rodrigo n’a pas lieu. A causedes privations et maladies endurées depuis Truxillo, Maximilien et ses hommes sont dirigés sur Tolède. Il en devient le Gouverneur et s’attire la sympathie du clergé et des autorités locales, entre autres celles du duc Crillon Mahon (le descendant du brave compagnon d’Henri IV). Maximilien a l’occasion d’y lire la lettre manuscrite originale du Roi : « Pends-toi brave Crillon… ».

 

Quand il partit de Truxillo les habitants lui offrirent 15.000 réaux ; il les remercia et leur demanda d’utiliser cette somme : « à secourir ceux de vos concitoyens nécessiteux, qui ont le plus souffert de la présence des troupes à Truxillo. ». Mais l’année suivante il devra accepter un médiocre Murillo (le tableau « la Ste Famille »). La ville de Caceres lui offrit également un médaillon enrichi de diamants, des pendentifs en émeraude, prouvant ainsi, combien il était apprécié.

Le 23 octobre 1811, de Tolède, il écrit au duc de Raguse pour l’assurer de la noblesse de ses sentiments.

Début décembre 1811, avec huit bataillons, Maximilien reçoit l’ordre de se porter dans la Manche, puis un contrordre du duc de Raguse, qui, rassuré par le manque de mouvements des armées anglaises, envisage une expédition sur Valence si toutefois le Roi Joseph en est d’accord. Mais le 11 décembre, le général Marmont reçoit l’ordre formel de l’Empereur de diriger un corps de 6.000 hommes sur Valence.

Il envoie le général Montbrun sur Cuenca et prescrit à Maximilien d’occuper la Manche.

Le 17 décembre 1811 , Maximilien trouve l’opération mal conçue, surtout qu’une dépêche de l’Empereur apporte des modifications notables dans cette armée. Maximilien exécute l’ordre de Montbrun, et porte sa division de Villa Robledo (H5) sur Albacete (J6) et Chincilla (J6). Valence capitulant le 8 janvier 1812, la position de Maximilien ne se justifie plus. Par marches forcées il prend la tête de la colonne pour voler au secours de Ciudad - Rodrigo et fonce sur Valladolid. Mais à Tolède c’est un nouveau contrordre.

Il apprend que Ciudad - Rodrigo est tombée aux mains des Anglais, Lord Wellington convoite Badajoz.

Après quarante jours de marches consécutives, sans manger, il se dirige sur Talavera (F5) et Lugar Nuevo. Ces ponts sont occupés par la 6ème division. Maximilien se met sur la rive gauche du Tage et pousse une reconnaissance sur Guadalupe, à l’ouest de Truxillo. Montbrun est rappelé en France et Maximilien lui succède. Les divisions cantonnées dans la vallée du Tage sont sous ses ordres. Il devient par conséquent le commandant de l’aile gauche de l’armée du Portugal. Il établit son Q.G. à Talavera de la Reyna, à l’est de Placensia.

Il place sa 1ère division vers Ciudad Réal et sa 4ème division entre Tolède et Ocana ; ces deux unités étant reliées par la cavalerie légère placée près d’Alcazar de San Juan. Il place sa 6ème division sur la rive droite du Tage de Lugar Nuevo à Guadarrania (Guadarrama sur la carte).

A peines ébauchées ses habiles dispositions sont stoppées par ordre de Napoléon 1er. Seule la 1ère division restera dans la vallée du Tage en attendant la relève de l’armée du centre. Ordre est donné de se regrouper sur Salamanque.

Dans un premier temps Maximilien envoie un régiment sur Allia (E5) avec ordre de reconnaissance sur Guadalupe (E5), avec l’autorisation de faire courir de fausses rumeurs dans la population ennemie en répandant le bruit de la prochaine arrivée de plusieurs divisions.

Marmont (duc de Raguse) renonce à faire passer l’armée de Maximilien par le col de Perales. Il l’autorise d’aller jusqu’à Jaraicejo (E5). Mais il prend sur lui d’avancer jusqu’à Truxillo. La prise de la ville de Badajoz par les Anglais arrête son mouvement.

La chute de Badajoz rendait la position sur Lugar Nuevo d’une importance stratégique de premier ordre. Le maréchal Marmont avait fortifié le passage par les forts Miravete, Colbert et Senarmont, avec, au bord du fleuve, sur la rive gauche le fort Napoléon et sur la droite, celui de Raguse. (On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même !).

Pour que les troupes puissent manger, il les étend d’Almaraz (E5) à Talavera (F5). Depuis trois mois les espagnols mangent de l’herbe. Force est pour Maximilien de demander d’urgence des vivres au Maréchal Jourdan de l’état Major du Roi Joseph.

Le 13 mai 1812, le général anglais Hill rétablit le pont de Mérida (D6) et franchit la Guadania (F). Le17 mai 1812, avec deux divisions, ce même général arrive à Jaraicejo (E5) puis tente de contourner les positions françaises de Lugar Nuevo.

 

Le 19 mai 1812, à la faveur du brouillard, les soldats anglais arrivent à portée de fusil de nos fortifications. En rampant ils n’ont pas été vus par nos garnisons. D’un coup, ils se lèvent, se débarrassent de leurs sacs, et d’un pas accéléré se ruent sur le fort Napoléon. Pris par surprise aux aurores, les français paniquent et vont se noyer dans les eaux du Tage. La garnison de Fort Raguse déserte avant d’avoir combattu.

Faute de combattants… le feu cesse et les Anglais ont beau jeu de faire sauter les magasins de poudre, couler les barques et incendier les bâtiments. Seuls les forts de Miravete avaient tenu. Mais les Anglais, une fois de plus, ne poussent pas leur avantage, et se retirent.

Le 20 mai 1812, Maximilien apprend le désastre et se précipite sur Oropesa, où il demande au Général Chemineau d’aller reconnaître la situation pour savoir si l’ennemi en est maître. Dans un même temps il ordonne au Général Clauzel et sa 2ème division de quitter Avila (F4) et de descendre dans la vallée du Tage puis de passer sur la rive gauche par le pont d’Arzobispo (E5).

Le 23 mai 1812, Maximilien arrive à Miravete et met en fuite les guérillos, puis se porte sur Truxillo. Mais le duc de Raguse lui ordonne de ramener sa division sur Talavera (F5) et, de là, sur Avila et Arevalo (F3).

Les Anglais ont passé l’Agueda (D4) et menacent Salamanque, où Marmont n’a laissé qu’une garnison de 400 hommes. Maximilien, entrevoyant plutôt la défaite que la victoire, n’est pas chaud pour livrer bataille. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’est pas tendre avec son supérieur et, de plus, ancien camarade de promotion ! « Il a fait une faute en démunissant Salamanque. Il craint l’Empereur et l’opinion de l’armée. Il voudrait une bataille ; il n’a pas assez de volonté pour la livrer. »

Clauzel et lui sont partisans de surveiller seulement les faits et gestes ennemis. Ils restent ainsi trois jours durant, à portée de canon l’un de l’autre. Marmont annonce l’offensive et fait mouvement vers Aldea Rubia, dominant le gué de Huerta sur la Tormes. A ce moment précis, c’était jouable, car il y avait un repli possible sur Avila et Madrid par le fort d’Alba de Tormes (E4), où résidait une garnison.

Mais Marmont n’en donne l’ordre que le 27 juin 1812. Il est trop tard, Salamanque tombait le même jour. Le seul recours est alors la retraite sur le Duero (E3). Maximilien se porte sur Toro (E3), y fait sauter le pont, et y laisse une faible garnison au château. Il prend position vis à vis des gués de Pollos et Castromunoz, avec l’appui de la 7ème division du Général Thoumières et la brigade de dragons du Général Carrié, placés sous ses ordres. Le reste de l’armée se replie à Tordesillas (E/F5).

C’est le retour à la case départ de l’extravagante aventure hispano-portugaise !

Maximilien ne peut s’empêcher d’analyser avec amertume la situation : « Le Roi dort à Madrid, le duc d’Albufera a assez à faire pour maintenir ses communications, étouffer les révoltes locales et conserver un vaste territoire ; le duc de Dalmatie ne rêve que de Cadix et Tarifa ; on l’appelle le sultan d’Andalousie… »

Le 07 juillet 1812, Marmont renvoie Maximilien réparer le pont qu’il venait de faire sauter à Toro (E3).

Si on en croit les mémoires du capitaine Marcel qui a relaté sa « guerre d’Espagne », Maximilien qui l’avait mis aux arrêts pour avoir déserté sa table alors qu’il était son capitaine d’état major, eut à pâtir d’une « bien fâcheuse vengeance ».

Jugez plutôt :  Tandis que près de Toro Maximilien joue au génie en réparant le pont ,  ramène des vivres, moissonne, bat et moud le grain, fabrique du pain et des biscuits ,la compagnie du capitaine Marcel reste d’arrière-garde aux bagages en couchant à Arrevalo. Le capitaine, lors de son passage à l’état-major de Maximilien, fit la connaissance d’une fort jolie Espagnole qui suivait le général depuis Talavera. De sorte qu’à Arrevalo, la rencontrant, il lia conversation et l’engagea à venir le soir faire un petit tour de promenade, elle ne refusa point.
Il écrit :
« Je me souvenais toujours des dix jours d’arrêts qui m’avaient été infligés à tort par le général Foy  et je fus enchanté d’en tirer vengeance en ornant le front du général de division, si cela ne lui causa aucune douleur, j’en eus en tout cas beaucoup de plaisir à passer une nuit avec sa Gertrude qui était jeune et jolie. »

Salamanque_EnvironsLe16 juillet 1812, Marmont reste indécis, le temps joue contre nous ; Maximilien sort le vitriol !«Ardent et entreprenant loin du danger, ce n’est plus que glace et apathie quand il est en présence… Il demande conseil trop souvent, trop publiquement et à trop de personnes. »

Napoléon dans ses mémoires à Sainte Hélène dira de lui :
« C’était le plus médiocre des généraux »
Marmont le trahira pour de rallier aux alliés dans la nuit du 3 au 4 avril 1814. Après cette trahison Napoléon n’eut plus qu’à se rendre à Fontainebleau. Longtemps après on employa le verbe « raguser » dans le sens de trahir.


Environs de Salamanque

Le 21 juillet 1812, autour de Salamanque, les hauteurs de San Christobal (E4) sont couvertes de troupes anglaises. Maximilien de penser : « C’était une grande faute de n’avoir pas décampé à la pointe du jour pour arriver à Calvarassa de Arriba (E4) alors que les Anglais ne faisaient que rentrer à St.Christobal et dans Salamanque. »

Marmont ordonne d’occuper Alba de Tormes ; mais Maximilien lui démontre le danger de ce mouvement. L’armée française passe la Tormes par le gué de Huerta et Encinas de Abaxos (E4) et prend position en avant de Utero de Maria Asencio sur le chemin de Salamanque. Heureusement les Anglais ne font rien pour empêcher leur progression.

Le 22 juillet 1812, à la pointe du jour, les tirailleurs de cavalerie légère entrent à Calvarsa de Arriba. Maximilien se rend avec sa division sur le plateau à l’ouest de ce village. Lord Wellington, qui voulait livrer bataille, avait dissimulé au maximum ses troupes derrière les collines environnantes et n’attendait que notre engagement pour fondre sur nous.

Mais, mais…Marmont, toujours aussi hésitant, se décide enfin vers neuf heures du matin. Maximilien espérait arriver sans combattre sur la route de Plasencia à Salamanque pour continuer sur Ciudad Rodrigo. Au lieu de ça, notre armée se développe de collines en collines jusqu’au village des Arapiles. C’est entre 15 et 16 heures, qu’un boulet brise le bras droit de Marmont. C’était la déroute assurée car aucun ordre de bataille n’avait été prévu ; toutes nos unités étaient prenables ce jour là. Lord Wellington attaque notre aile gauche et reprend Arapiles ainsi que tous les plateaux que nous avions occupés. Toutes nos unités se réfugient dans les bois environnants.

Maximilien reçoit l’ordre de quitter, avec sa division, le plateau qu’il tenait encore pour arriver en pleine déroute afin de protéger la retraite des troupes, des équipages et de l’artillerie. Il ralentit la progression d’un renfort anglais de mille cinq cent chevaux et six pièces d’artillerie, plus deux fortes masses d’infanterie, qui se dirige vers Alba de Tormes (E4). La nuit tombe, les Anglais cessent le feu près d’Utero de Maria Asencio et la poursuite s’arrête avec les ténèbres.

Les Français se réfugient sur Alba de Tormes vers vingt-deux heures. Les Anglais venaient de remporter leur plus belle victoire de cette guerre d’Espagne ! Les Français étaient harassés de faim et de fatigue alors que durant le combat l’ennemi recevait toutes les heures sa ration de rhum. Voici l’avis de Maximien sur les heures qui ont précédé :
« Le gouvernement anglais a su, à force de bons traitements, faire, d’une troupe d’anglais enrôlés pour argent, d’allemands mercenaires et sans patrie, de Portugais blessés dans leur amour-propre, il a su faire une armée nationale. Notre gouvernement, au contraire, a transformé par ses mauvais traitements notre armée nationale en une bande de mercenaires… ».

Peu s’en fallut que le commandement de l’armée en déroute ne retombât sur notre Maximilien démoralisé. Marmont blessé, son successeur le général Bonnet lui aussi gravement atteint ; c’est le général Clauzel qui fut nommé.

Mais voilà le général à son tour atteint au pied. Il ordonne la retraite en évacuant le village d’Alba de Tormes à neuf heures. Maximilien, une fois de plus, prend l’initiative d’avancer le départ d’une heure. Heureuse initiative car il essuie la charge de la cavalerie anglaise, qui s’apprêtait à le surprendre.  Notre brave Maximilien n’est pas dupe, car il dit encore : « … Après avoir perdu beaucoup de monde dans cette audacieuse, tentée par des hommes dont l’ivresse a fait des héros. ». L’armée du Nord arrive en renfort, mais trop tard ! La présence du 1er régiment de hussards et le 31ème de chasseurs remonte le prestige de notre cavalerie, qui jusque là était restée indifférente.

Le 24 juillet 1812, au soir, la troupe arrive à Aravelo (F3) et Maximilien y apprend que de Madrid, le Roi Joseph arrive avec 15.000 hommes. Il est bien temps, cette troupe fait diversion et facilite le « repli » français par Olmedo (F3) et Valladolid (F3).

Vu le moral des troupes, le général Clauzel décide de se replier sur l’Ebre, car la vallée du Douro est trop proche du désastre de Salamanque (comme on le comprend). Mollement suivi par ses troupes fatiguées, le général en chef s’arrête à Arlanza (F3). Il évacue ses blessés et convois sur Burgos (G2).
Si cela ne ressemble pas à un retour au bercail ???

Maximilien avec deux divisions part en observation à Aranda del Duero. Il avait prévu de se « refaire une santé » près de Lerma (G3), quand Lord Wellington se dirige sur Madrid en laissant le Douro dégarni. La contre-offensive est possible.

Le 14 août 1812, l’armée française entre dans Valladolid, et Maximilien célèbre la fête de l’Empereur en assistant « …à un Te Deum récité qui ressemblait à un De Profundis…. ». Il se dirigea avec ses 1ère et 3ème division (plus mille chevaux) sur Astorga (D2) pour ravitailler cette garnison et faire rentrer celles de Toro et de Zamora (E3).

Le 17 août 1812, il est à Toro. Il enlève toute présence militaire et marche sur Benavente (E2/3), où il bouscule l’arrière-garde d’un corps espagnol, qui tente de lui disputer le passage de la rivière Elsa.

Le 20 août 1812, il entre à Baneza pour apprendre que la garnison d’Astorga s’est rendue depuis trente-six heures. Il revient sur Zamora, qu’il évacue, et se cantonne à Tordesillas (E/F5). Lord Wellington vainqueur de Madrid y laisse le général Hill et à la tête de cinquante mille hommes s’avance vers le Douro. Lentement le général Clauzel remonte vers le nord par Brivesca et Poncorvo (G2) tout en laissant deux mille hommes dans Burgos sous les ordres du général Dubreton. Ces braves allaient arrêter les Anglais pendant plusieurs jours, laissant quelque répit à l’armée du Portugal. Avait-elle encore le droit de porter ce nom ?


Palence_Environs Environs de Palence

 

Salamanque_Environs2Le 30 septembre 1812, Maximilien fait une reconnaissance sur Posa (G2), où sont huit cents Espagnols et la bande de Longa célèbre guérillero. Alors que tout le monde s’organise pour le retour en France, lui, il entreprend un coup de force en surprenant la garnison au point du jour. Il a vite raison des avant-postes et font sur l’ennemi rassemblé pour l’appel. Il fait deux cent cinquante tués, cent soixante prisonniers dont huit officiers. Comme quoi, quand on a le moral… ! Côté français, Maximilien perdit un chasseur à cheval, assassiné par un prisonnier espagnol.

 

 

Environs de Salamanque

 

Lord Wellington lève le siège de Burgos et se retire sur Valladolid puis sur Rueda (E/F3). Un nouveau commandant en chef de l’armée du Portugal, le général Souham, poursuit l’anglais avec Maximilien à l’aile droite avec ses 1ères et 7ème divisions, ainsi qu’un fort détachement de cavalerie. Il se dirige sur Villalon (E2) puis traverse la Puiserga à Cordovilla et marche sur Palencia (F3), qu’il traverse sans avoir le temps de faire sauter le pont sur le Carrion. Il descend la rive droite de la Puiserga en canonnant d’une rive à l’autre les Anglais, qui redescendent par Valladolid et Simancos (F3), dont il fait sauter les ponts.

Le 29 octobre 1812, Maximilien atteint Tordesillas (E/F3). Le pont y est coupé et défendu par un bataillon du régiment de Brunswick. Malgré le froid, l’épée et la baïonnette aux dents, onze officiers et quarante soldats traversent à la nage, poussant fusils et cartouches sur une planche de bois. Tout nus ils se rendent maîtres de la tour d’en face et mettent l’ennemi en fuite.

Quelques jours après les trois armées sont réunies (Andalousie, Centre et Portugal), formant un effectif de quatre-vingt mille hommes décidés à laver l’affront de Salamanque.

WellingtonLord Wellington

 

 

 

Du 10 au 13 novembre 1812, Trois jours s’écoulent à s’observer de part et d’autre. On assiste au spectacle surprenant de Lord Wellington se promenant à cheval sur les bords de la Tormes, alors que le Roi Joseph et ses quatre-vingt mille hommes l’observent. Maximilien attend que son illustre ennemi veuille sortir de San Christobal.

Le 14 novembre 1812, Les armées du Midi et du Centre, aux ordres du duc de Dalmatie, passent la Tormes à Galisancho. L’armée du Portugal, elle, est à six heures du matin à Babilla Fuente. Maximilien avance sur Alba de Tormes, les Anglais l’évacuent. Il traverse au gué de Torrefon et bivouaque sur les hauteurs de Valdenuerque. Pour Lord Wellington la route de Ciudad Rodrigo est coupée.

 

15 novembre 1812, De Valdenuerque à Tamames (D4), l’armée française avance et rencontre celle du Midi à la chapelle de Nuestra Senora de Utrera. L’armée du Midi était massée sur la hauteur près de Santo Tome de Rozados. Le mouvement général prévu était Tamames. Les Anglais s’étirent de Trejares ( ?), jusqu’aux arrières de Aldea Tejama. Ils étaient visibles au village d’Arapiles et en arrière de Salamanque. Lord Wellington voulait leur bloquer les débouchés sur Ciudad Rodrigo (D4).

 

Plusieurs alternatives s’offraient aux « stratèges » français :
 - Arriver avant lui à Santi Spiritus (D4).
- Attaquer par la droite.
- Percer son centre, puisque son aile gauche n’était partie qu’à 15 ou 16 heures de Trejares.

 

L’armée française était plus nombreuse d’un tiers que celle de Wellington, et était plus forte en artillerie et en cavalerie.

Mais laissons parler Maximilien :
« La victoire était dans toutes les têtes et pourtant…on l’a laissée échapper »
« Le Roi est venu vers midi, sur le plateau derrière Mozarbes. Le maréchal Jourdan, qui était là, a dit : « Eh ! bien, il faut à présent faire un quart de conversion à gauche, en pivotant sur la gauche et en portant l’aile droite de l’armée du Portugal à Salamanque… »
Cette absurde opinion clairement exprimée m’a donné la mesure du talent avec lequel nous sommes dirigés, j’ai dès lors pu prévoir ce qui arriverait »

L’armée est stupéfaite de se voir tourner le dos à l’ennemi en faisant route sur Salamanque depuis Mozarbes (E4).

16 novembre 1812, après être entré sans combattre dans Salamanque, le Roi Joseph s’y établit. En pure perte le maréchal Soult et ses cinquante mille hommes poursuit Wellington, sans combattre. Ainsi Wellington sortait de cette bataille invaincu !

Ce même jour était la date où l’armée devait être réunie à Tamames. Or ce même jour l’armée du Midi est à Matilla (E4). Bonjour la coordination.La campagne se terminait par un lamentable gâchis dû à la faiblesse du commandant en chef, la circonspection de Soult.

Le 17 novembre 1812, le Roi Joseph passe en revue l’armée du Portugal sur les hauteurs de Trejares ( ?).

Maximilien, toujours en verve pour dénoncer ce qui ne va pas, n’épargne guère le Roi :
« Si le métier de Roi ne convient pas à son caractère, on peut dire que celui de général est pour lui contre nature ».

A la tête de ses 1ère et 7ème divisions, plus une brigade de dragons, Maximilien franchit Tormes sur des barques à Ladesma (D/E3) en aval de Salamanque, puis établit une division à Zamora et l’autre à Benavente (E2).

Fin décembre 1812, avec sa première division il est rappelé à Avila (F4), où il restera jusqu’au 28 mars 1813.  Le capitaine Marcel écrit :
« Le général Foy y donne bal deux fois par semaine et presque tous les jours les officiers français font avec les principaux habitants du pays des parties de chasse fort agréables ».

En février 1813, avec l’aide des chasseurs de Zamora (hommes de sacs et de cordes réorganisés par ses soins), il pousse une reconnaissance jusqu’à Bejar (E4). Les chasseurs ainsi constitués en unités font merveille. Mais Maximilien redoute un renfort anglais, alors il laisse cette place, et revient sur Avila. La province d’Avila est exsangue par le passage des armées. Elle doit être pacifiée, et Maximilien y réussit pleinement en recueillant une sympathie générale de l’occupé, auquel il avait redonné le goût de vivre. Il avait permis aux habitants de reprendre leur Carnaval et autorisé à nouveau le port des masques !

En Mars 1813, il remonte sous les ordres du général Clauzel, qui lui commande de nettoyer le pays entre l’Ebre et la mer, depuis la grand-route de France jusqu’à la rivière de Santona (G1), tout en protégeant le siège de Castro Urdiales (G1).

Bilbao_EnvironsRégion de Bilbao

Le 5 avril 1813, Maximilien ayant quitté Avila, prend la route de Coca Penafiel et arrive à Lerma, où le général Clauzel lui laisse carte blanche. Sa seule cavalerie se trouvent être ces fameux chasseurs de Zamora, mais ils sont trop peu nombreux. Il s’en plaint à son supérieur. Habile manœuvrier Maximilien prend par surprise et sans combattre la ville d’Orduna sur la route de Bilbao (G1/H1).

 

Le 21 avril 1813, l’Empereur considérait la prise de Castro Urdiales comme indispensable. Maximilien arrive à Bilbao. Mais que trouve-t-il en arrivant dans la ville ? Rien de prêt pour l’attaque prévue et ordonnée. De plus, le général de division Palombini, commandant la place, est plus préoccupé de son retour en France que de jouer les intendants ! Pensez ! Il était nommé dans la grande armée alors les guéguerres espingouines ! …Bien obligé, Maximilien décide de prendre les affaires en main.

Castro Urdiales est un point stratégiquement important. C’est de là que les Anglais approvisionnent les guérilleros espagnols.

La ville est située sur une presqu’île. A l’extrémité du rocher, une église et un vieux château ont été reliés par une muraille. Ils formaient un réduit de défense avec un repli éventuel par un petit escalier donnant directement sur l’océan, par conséquent assurant l’accès aux navires anglais.

Sans matériel important, Maximilien comprend qu’il serait déraisonnable d’attaquer. Il lance des coups de main sur les guérilleros au village de Marron, et prend de l’artillerie à Santonna. Il trouve à l’ouest de la forteresse de Castro Urdiales une position en avant de Cerdigo (G1).

Le 1er mai 1813, les préparatifs des opérations de siège sont terminés.

Les 6 et 7 mai 1813, la tranchée est ouverte la nuit.

Le 11 mai 1813 - La brèche est jugée satisfaisante et l’assaut est donné à vingt heures. Les Anglais en hâte regagnent leurs navires et les Espagnols tentent de se sauver sur des barques pendant que certains résistent encore. Mais le sixième régiment léger du capitaine Guingret les précipite du haut du rocher dans l’océan. Pour un officier supérieur cantonné à des coups de commando, son siège en règle est une belle réussite. Pour le moral de l’armée du Nord, c’était bénéfique. Mais des bataillons de huit à neuf cents Espagnols étaient encore maîtres sur la Biscaye.

Du 27 au 28 mai 1813, Dans la nuit il attaque Villaro. Mais les régionaux avertissent l’ennemi, qui s’échappe.

Du 28 au 29 mai 1813, Seconde marche de nuit sur Guernica (H1), il pousse le deuxième bataillon espagnol sur Lequeyto (H1). Acculés à la côte, les Espagnols sont abordés à la baïonnette, jetés à l’océan ou faits prisonniers.

Mais les troupes françaises étaient affamées, et pour subsister se débandaient et créaient des vexations sur le pays. Malgré des rappels à l’ordre de Maximilien, ses soldats « visitaient » les villages abandonnés et notre général eut un blâme.

Ses troupes surveillent tous les ports entre Guetaria et Borneo susceptibles de ravitailler les guérilleros. Il se retourne vers El Pastor, qui à la tête de trois bataillons commande la région de Guipuscoa (H2 à J1).

Pour ce faire le général Clauzel renforce son effectif en lui adjoignant la brigade Deconchi placée à Bergara (H1), et la brigade italienne placée à Guernica (H1).

Le général Clauzel donne également à Maximilien les pleins pouvoirs. Celui-ci donne l’ordre de marcher sur Azpeitia (H1) mais El Pastor, averti, se réfugie dans les montagnes de Navarre. Cette marche devenue inutile, Maximilien prend la décision de descendre sur Toloza, où doit passer un convoi de fonds français et surtout sa femme, qui le rejoint. Il fait accompagner ce convoi jusqu’à Vitoria et s’établit à Bergasa (H1).

Il y apprend :
- L’évacuation de Madrid
- L’évacuation de Valladolid
- L’abandon de Burgos
- La retraite de l’armée « royale » sur l’Ebre.

Cela sent le repli. Il faut vite débarrasser la région des bandes de guérilleros pour permettre le repli des troupes napoléoniennes sur la France.

Mais Lord Wellington franchit l’Ebre, et dirige une importante partie de ses forces sur Bilbao (H1).

Le Roi Joseph porte trois divisions aux ordres du général Reille sur Ordona (G/H2) et ordonne la coopération de Maximilien. Mais c’était trop tard, le général Reille doit se replier sur Vitoria. En même temps la garnison de Bilbao et la brigade italienne doivent se replier sur Durango (H1). Maximilien ne reçoit aucun ordre de manœuvre et mis au pied du mur, il prend seul les initiatives.

Le 19 juin 1813, pour obéir à l’ordre précédent du Roi Joseph, il se rend à Bergara (H1)

Le 20 juin 1813, il détache deux bataillons à El Orrio, et deux autres sur la route de Deba (H1). Il laisse Decuchi et sa brigade à Villa Franca, et reste personnellement à Bergara pour surveiller le passage de l’armée « en déroute ».

Le 28 juin 1813, depuis Anzuola, il écrit :
« …Le Roi est dans un état d’indécision continuelle…On ne veut ni combattre, ni se retirer… »

Il fait alors repartir sa chère Lise vers la France, car il a contrevenu aux ordres de l’Empereur (Pas de repos du guerrier pendant les manœuvres !) Il ordonne aux commandants des villes de Mondragon, Salinas et Arlaban, de retourner dans leurs places, qu’ils avaient abandonnées. A Mondragon, Maximilien est blessé d’une balle à la clavicule. Il souffre, il saigne ; mais reste à cheval pour assurer son commandement.

L’armée du Roi Joseph se serait repliée en Navarre par Salvatierra (H2) et Maximilien doute qu’il puisse revenir sur Toloza en passant par Yrurzun. Il demande le renfort des réserves de Bayonne au général L’Huillier.

Le 24 juin 1813, Maximilien tient Toloza jusqu’au soir, mais plus faible en nombre que l’armée anglo-portugaise, il se replie sur Andoain (H1). Des renforts français arrivent d’Irun. Les Anglais sont démoralisés et les reconnaissances sur Arano à gauche et Zubieta à droite ne signalent aucune action offensive de leur part.

Le 26 juin 1813, il apprend que le général Reille est arrivé sur la Bidassoa. Il considère alors, sa mission comme terminée. Il laisse 2.000 soldats à Saint-Sébastien plus une centaine de canonniers. Il ramène ses troupes sur Ernani et Oyarzun (J1).

Le 1er juillet 1813, il est sur la rive gauche de la Bidassoa avec sa division à la Croix des bouquets.


Bayonne_EnvironsCampagne Française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le 12 juillet 1813, le maréchal Soult (alias duc de Dalmatie) arrive à Bayonne, et réorganise une armée en guenilles et en espadrilles. Maximilien, à la tête de la 1ère division reste sous les ordres du général Reille. Alors que les autres divisions d’infanterie ont un effectif d’environ 6 à 7.000 hommes, la sienne n’en comprend que 4.500. Il considère que c’est très mal payer ses services rendus, et demande son affectation pour la Grande Armée.

En attendant il continue de servir et, le 25 juillet 1813, avec sa 1ère division il forme la tête de colonne de l’aile droite, qui gravit la chaîne, qui sépare le Val Carlos de la vallée des Aldules (J1).

Le 26 juillet 1813, il se porte sur Buguete et Viscarret.

Le 27 juillet 1813, il vient former l’extrême gauche de notre ligne de bataille, qui s’étend d’Alzula à Sorauren au nord-est de Huarte (orthographe actuelle Uharte).

Le 29 juillet 1813, n’ayant rien à manger sur place, il se met en marche d’Alzula. A minuit il arrive à Yroz.

Le 30 juillet 1813, il se fixe à Sorauren, où il essuie les tirs des canons anglais. La situation est intenable, il doit évacuer rapidement et se regrouper au-dessus du village d’Esain pour former une masse de 10 à 12.000 hommes.