Le RETOUR EN FRANCE

Le 31 juillet 1813, Maximilien passe la matinée au col d’Outargue pour rameuter les traînards. En vain, ils s’échappent. Alors il prend position au col de Berderis (orthographe actuelle Berdaritz).

Le 1er août 1813, il se rend compte qu’il ne peut pas déboucher sans combattre au col de Maya. Il descend dans le village des Aldules (J1) et se replie sur Cambo (J1) par St. Etienne de Bigorry (J1), il y arrive le 2 août. Là il apprend que l’armée française a passé la frontière.

Le 3 août 1813, il reçoit l’ordre de se rendre à St. Jean Pied de Port (J1) et d’y prendre le commandement de toutes les unités stationnées dans cette région. En quelques jours il fortifie cette ville et relie la citadelle à la redoute de Picosouri.

Le 9 août 1813, le Ministère de la guerre répond à sa demande pour la Grande Armée en lui écrivant ceci :
 
« La meilleure preuve de dévouement que vous puissiez donner à l’Empereur est de le servir avec un zèle égal, quel que soit le poste où il ait jugé à propos de le mettre à l’épreuve ».

Fin août 1813, Saint Sébastien menace de capituler, Soult se porte à son secours et Maximilien, le 30, reçoit l’ordre de se rendre à St. Jean de Luz, en réserve du corps du général Reille.

Le 31 août 1813, Il arrive à la Croix des Bouquets et un contrordre le ramène à Ainhoue (J1) pour éventuellement s’opposer à une attaque anglaise. En finale St. Sébastien capitule ; les Anglais et Français se retirent dans leurs cantonnements respectifs.

Septembre 1813, il réalise des travaux de défense autour de St. Jean Pied de Port.

Le 2 octobre 1813, Soult visite la ville et décide d’y créer un grand camp retranché. Subitement Anglais et Espagnols nous attaquent et nous devons reculer sur la Nivelle. Le général Paris arrive en renfort de la vallée de l’Aspe avec 2.500 baïonnettes.

Le 31 octobre 1813, c’est la reddition de Pampelune.

Le 8 novembre 1813, Maximilien arrive à Bidarray (J1) avec six mille hommes.

Le 10 novembre 1813, à sept heures du matin, l’ennemi, campé au mont Gorospile, attaque. A ce moment le comte d’Erlon lui demande une de ses brigades. Maximilien n’accepte pas et conserve sa division massée derrière le mont Hartza. Mais la sixième division anglaise dans la nuit avait été relevée par la division espagnole Morillo et deux bataillons de Mina. Les Français gravissent les flancs du Gorospile et les délogent à la baïonnette. De cette hauteur Maximilien domine le champ de bataille jusqu’à l’océan et se rend compte que notre centre est enfoncé. Il rejoint Bidarray (J1) et monte sur Cambo (J1).

Durant la nuit du 10 au 11 novembre 1813, malgré la fatigue, ses soldats renforcent la défense de la tête de pont pendant trente-six heures !

Le 12 novembre 1813, vers midi les Anglais déferlent par le gué d’Itsassu (Itxassou) et celui d’Aressore (Laressore). Des hauteurs de Bayonne, Soult voit Maximilien en danger et porte le corps d’Erlon vers Cambo pour débloquer le gué de la Nive. La division de Maximilien se charge de la tête de pont de Cambo.

Dans la nuit du 15 au16 novembre 1813, dès l’aube, Maximilien retire les huit cents hommes de garnison et fait sauter le pont. Il porte son quartier général à Lorminthoa, à deux lieues de Bayonne, sur la route de St. Jean Pied de Port.

Le 9 décembre 1813, de Cambo à Ustaritz (J1) les Anglais attaquent pour rien. Pendant ce temps le général Hope avec quinze mille hommes, de la Nive à l’océan, repousse l’armée française dans Bayonne retranchée.

Du 9 au 10 décembre 1813, Soult ayant massé ses troupes, va attaquer cette nuit là.Son dispositif est composé de :
- A droite le général Reille.
- A gauche le général Clauzel.
- Au centre le général Foy, soutenu par la réserve Villate.
- En arrière trois divisions du comte d’Erlon.

Au petit jour Clauzel attaque jusqu’à Ustaritz. Maximilien, passant par le moulin de Brindos, atteint Bassussary. Reille débouche à l’ouest à l’étang de Brindos. Le général Hope laisse Bassussary à Maximilien, qui ramène trois cents prisonniers. Il doit stopper devant la supériorité numérique anglaise. Soult lui ordonne de rejoindre le général Reille. Il est midi les Français sont défaits sur les trois fronts et la nuit sépare les combattants.

Le lendemain, 10 décembre 1813, pour agrémenter la déconfiture française, les régiments de Nassau et Francfort de la réserve Villate passent le soir à l’ennemi.

Le 14 décembre 1813, Maximilien se rend sur la rive droite de l’Adour pour protéger la navigation en occupant les trois îles de Rolharriague, de Broc et de Bérens.

Le 16 décembre 1813, l’avant-poste d’Urt est évacué.

Le 20 décembre 1813, à Rolharriague, deux compagnies dominées par les canons ennemis, abandonnent la lutte. Soult abandonne Bayonne et installe son Q.G. à Peyrehorade (J1). La division Foy surveille toujours les îles de l’Adour, jusqu’au moulin de Bacheforets. 

Le 1er janvier 1814, la division Foy repousse une attaque anglaise à l’île de Broc. Les Anglais s’étant massés à la Bastide (Labastide-Villefranche), Maximilien se porte à Bidache (J1) pour défendre la ligne de la Bidouze.

Le 22 janvier 1814 Maximilien perd sa fille Blanche atteinte d’une rougeole. Sa femme malgré les ordres l’avait rejoint au château d’Olhonce près de Saint Jean Pied de Port.

Le 15 février 1814, Maximilien abandonne la ligne de la Bidouze et se concentre derrière le gave de Pau, vers Peyrehorade.

Peyrehorade

Château de Peyrehorade

 

 

Le 24 février 1814, l’armée française pénètre dans Orthez par le pont.

 
 

Orthez_Pont

Le Pont d'Orthez

 

 

Maximilien masse ses troupes sur les hauteurs entre Orthez et St. Boes

 

 

 

 

Les hauteurs d'Orthez

Orthez_Hauteurs

C’est de là qu’on observait le mieux les Anglais. Tous les généraux avec Soult croyaient qu’ils en imposeraient à l’ennemi. Dans la nuit il masse ses troupes sur les hauteurs de la route de Dax. Ce n’était pas l’avis de Maximilien, qui se prononce ouvertement contre :
« De tous les partis à prendre, c’était le plus mauvais. »

Le 27 février 1814, Maximilien monte à pied au sommet du mamelon, qui le séparait de la route Orthez/Dax. En redescendant vers son unité une balle de boulet creux le heurte à l’omoplate.
En fait un shrapnel, la toute nouvelle invention de l’inventeur anglais du même nom, mais qui portera ce nom qu’à partir de 1827.

Il se rend à pied à la maison du carrefour de la route de Dax et du chemin de Salespisse. Il refuse de se faire bander, prévoyant que ses hommes allaient être attaqués et devoir décrocher une fois de plus. Il remonte à cheval en direction de Sault de Navailles (K1).

Le chirurgien en chef Rapatel le panse sans lui extraire la balle. Souffrant cruellement Maximilien sur son cheval continue jusqu’à Hagetmau, où il arrive à la tombée de la nuit. Soult vient le voir, comme s’il allait lui dire adieu avant de mourir. A vingt-trois heures un brancard porté par ces grenadiers l’emmène jusqu’au village de Barcelone (du Gers), où il passe la nuit dans un état fiévreux avancé, allant jusqu’au délire.

Le lendemain, on le met sur ce qu’on pourrait appeler un palanquin, porté par des chevaux. Il arrive à Toulouse le 5 mars 1814. Le docteur Broussais, médecin principal de l’armée, le soigne et comme la plaie allait se cicatriser, Rapatel décide l’opération le 26 mars 1814 ; malgré la fièvre, qui n’était pas tombée. De nombreuses esquilles d’os furent extirpées, l’omoplate enfoncée par l’impact fut relevée ; mais pas trace de balle !

Comme l’armée anglaise arrivait sur la Garonne et que son état s’améliorait, il prit place sur un matelas dans une calèche pour Cahors, où il finit de se rétablir à partir du 6 avril 1814.

Orthez_BatailleBataille D’Orthez, position des troupes