La PRISE du POUVOIR de LOUIS XVIII

Les coalisés sont entrés dans Paris le 31 mars 1814. Le sénat a prononcé la déchéance de Napoléon 1er et rappelé les Bourbons. Pour les Français c’est la joie, le retour de la paix et l’abolition d’une administration tyrannique et le sang qui ne coulera plus.

Sans être pour Napoléon, qu’il dit avoir servi avec admiration, Maximilien remarque :
« Nous aurons un roi faible, esclave de l’étranger…Il n’y a plus de France, il n’y a plus de patrie. »

Le 16 avril 1814, il écrit au Ministre de la Guerre, le comte Dupont :
 «…Son acte d’adhésion aux mesures prises par le gouvernement provisoire et l’hommage de sa fidélité à S.M….»

Et qui c’est le patron de ce gouvernement provisoire ? Talleyrand toujours à l’affût d’un changement de propriétaire !

Maximilien part pour Paris, peu enthousiaste d’avoir à affronter cette cour « gothique », comme il l’appelle. «….Elle ressemble à une pétaudière… ».Il avait demandé une inspection générale d’infanterie, et le comte Dupont lui précise qu’il aura satisfaction.

Il part quelques jours pour Ham, déjà nommé Inspecteur Général d’infanterie dans la 14ème région militaire. Avec son neveu Arthur Foy comme aide de camp, il inspecte : Alençon, Caen, Bayeux, Cherbourg et Granville. Il y organise les 57, 61 et 73èmes régiments d’infanterie.

Le 26 octobre 1814, le docteur Broussais devant l’état de la fistule de Maximilien, est enclin à retirer la balle.

L’armée est désœuvrée, les gradés conspirent et les maréchaux ne sont plus que des titres d’une armée que Louis XVIII ne peut, ni ne veut, faire combattre. La Cour est luxueuse, on s’y habille, on y parade comme avant la Révolution. Quel moral peut avoir un soldat comme Maximilien, quand il voit cet étalage ?

Après avoir manqué de tout au front et tout ça pour prendre déculottée sur déculottée ; la plupart du temps à cause de la déficience du commandement. Il est persuadé que seule une action militaire pourrait renverser les Bourbons. Il rencontre Lord Wellington et l’ennemi d’hier l’invite à une soirée, car le vainqueur de la guerre d’Espagne donne fêtes sur fêtes dans Paris. Bien entendu Maximilien décline l’invitation.

Le 2 novembre 1814, par Villeneuve St. Georges, il part pour cinq semaines à Ham. Il se plaint que la France n’ait plus de sentiment patriotique et que le temps joue pour les Bourbons.

Le 29 décembre 1814, Maximilien rentre à Paris. Soult, devenu Ministre de la guerre, le nomme à sa demande Inspecteur de la 12ème région militaire (Vendée, Saintonge et Poitou) Après une courte apparition, il repart pour Ham.

Fin février 1815, il se met en route pour son secteur et arrive à Nantes le 5 mars 1815, où d’autres aventures l’attendent !

Le 9 mars 1815, grande nouvelle ! Napoléon a débarqué à Antibes ! Son inspection n’est que de pure forme car toutes les unités sont massées entre Bourges et Paris.

Il se trouve maître de Nantes, car les troupes qu’il a inspectées ont servi sous ses ordres, tant au Portugal qu’en Espagne. Lié par le serment au service du Roi, il demande des instructions à son Altesse Monseigneur le duc de Bourbon.

MaximilienEn effet à son passage à Paris, Maximilien avait été nommé Chevalier de St. Louis par Monseigneur le duc d’Angoulême, avec l’épée sur les épaules, comme on le faisait jadis pour les chevaliers,

 

Nomination comme chevalier de St Louis

 

Si l’ouest entier est tout dévoué au Roi Louis XVIII, le fait d’envoyer Monseigneur le duc de Bourbon ne suffit pas aux yeux de Maximilien. Père de feu le duc d’Enghien, il ne vit que pour pleurer son fils. Il est incapable de gérer une région et encore moins de fomenter une émeute ou exciter une guerre civile. Avec lui, comme résistant, Napoléon peut dormir tranquille !

Le 23 mars 1815, le duc de Bourbon se décide trop tard à organiser la résistance de l’ouest et écrit à Maximilien dans ce sens. Mais Napoléon est dans Paris. Comme une traînée de poudre toutes les villes jusqu’à Nantes se rangent derrière l’empereur revenu ! Soult rend la cocarde obligatoire.

La faiblesse du Bourbon local lui facilite la tâche de ne s’engager ni trop pour l’un, ni trop pour l’autre. Et dans son journal de noter : « Il est dans mon destin de toujours voir ce qui est sage, de parler le langage de mon intérêt et de ma position, et de n’agir que par la chaleur de l’enthousiasme ou par le tiraillement des petites passions du moment… »

Les industriels nantais étaient pour les Bourbons, qui avec la paix, avaient redonné un coup de fouet à leurs affaires. Si la troupe enthousiaste avait repris la cocarde tricolore, les autorités locales s’abstiennent de paraître à la remise de l’insigne, en négligeant d’y convoquer les gardes urbaines. Des rassemblements tumultueux se forment, des vitres sont brisées. La Préfecture est menacée.

Maximilien envoie son neveu, aide de camp, chercher quelques soldats dans les casernes ; tandis que lui-même court se mettre au travers du flot populaire en se servant de son grand prestige. Il calme les mutins et après l’arrivée de la troupe, les tumultes cessent et le calme revient. Il demande aux responsables civils de faire pavoiser, afin d’éviter de futures émeutes du peuple nantais, dynamisé par le retour de l’Empereur.

Chargé par Paris d’arrêter le duc de Bourbon, il s’en abstient et le prévient qu’il usera de son influence dans le pays pour veiller sur sa sécurité ; à condition qu’il s’engage à quitter la France. Deux jours après le duc de Bourbon s’embarquait aux Sables d’Olonne.